
Miss Moberly et Miss Jourdain vécurent le 10 août 1901 une incroyable histoire. Ce jour la, c’est en touriste que nos deux demoiselles se présentent devant le château de Versailles, qu’elles n’ont jamais visité. A partir de ce moment, c’est comme si elles marchaient dans un rêve, Soudain deux hommes leur apparaissent, affublés d’un habit gris-vert et d’un tricorne. Elles leur demandent de leur indiquer le chemin à suivre pour aller au Petit Trianon, « tout droit » leur répondent d’un ton peu améne ces deux personnages, qu’elles prennent tout d’abord pour des gardiens. Mais peu après, elles aperçoivent, près du seuil d’une maison, une femme et une jeune fille aux cheveux châtains, vêtues également d’une manière anachronique, puis près d’un kiosque à l’agencement bizarre, un homme drapé dans un vaste manteau noir. Il porte un chapeau aux larges bords, et son visage est marqué par la petite vérole. Bien qu’elles n’en laissent rien paraître nos demoiselles sont décontenancées. Pourtant elles ne sont pas au bout de leur surprise. Elles traversent un petit pont qui enjambe un ruisseau, longent un pré puis une maison. Sur la terrasse attenante, une femme dessine. Elle porte un chapeau blanc et un fichu vert pale sur ses épaules. Un malaise indéfinissable empêche les demoiselles de lui adresser la parole. Quand au jeune homme qui s’offre peu après pour les guider, habillé lui aussi à la mode de l’Ancien Régime finissant c’est lui qui met un terme au « voyage », en les conduisant à une petite porte qui les sépare de l’avenue des Deux-Trianons qu’elles ont traversée moins d’une heure plus tôt….Et alors tout reprend vie et couleur. Elles se retrouvent dans leur présent à elles en 1901 au milieu d’un groupe de touristes qui bavardent gaiement. Plus tard lorsqu’elles présument qu’elles ont étaient les spectatrices des mêmes scènes, avec quelques détails différents elles conviennent de le consigner chacune de son côté. Elles sont persuadées que ce qu’elles ont vécu le 10 août 1901 a été induit par l’état d’esprit ou se trouvaient la souveraine le 10 août 1792 : lors de la prise des Tuileries, celle-ci « s’était réfugiée, pour dominer son angoisse, dans l’évocation des moments nostalgiques des derniers moment de joies vécus dans le parc du Trianon en octobre 1789, avant le transfert forcé de la famille royale de Versailles à Paris. Théorie d’autant plus séduisante qu’il existe une légende affirmant que le fantôme de Marie-Antoinette apparaît dans les jardins du Trianon au mois d’août, et plus spécialement le 10.
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